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Calculer la capacité d'apport d'une installation d'irrigation

La capacité d’apport d’une installation d’irrigation est la quantité d’eau qu’elle peut mettre chaque jour à la disposition de la culture, pertes déduites ; elle s’exprime en mm d’eau par jour. Le calculateur ci-dessous vous permet de l’estimer à partir du débit de votre pompe ou de vos distributeurs (goutteurs, micro-asperseurs, asperseurs), de la durée d’arrosage possible chaque jour, des jours d’accès à l’eau et de l’efficience de votre système d’irrigation, puis la compare à l’ETc de pointe de votre culture. Il convertit aussi une dose en durée d’arrosage et, pour un enrouleur, en vitesse d’avancement. Les notions sur lesquelles il repose sont développées dans l’article Faut-il recharger la réserve utile du sol avant l’été ?.

Retrouvez sous le calculateur toutes les définitions des notions techniques utilisées dans le calculateur, ainsi que son mode d’emploi.

Outil 1 : Calculateur de capacité d'apport d'une installation

Comparez l'eau apportée chaque jour par votre installation au besoin de pointe de votre culture, puis convertissez une dose en durée d'arrosage ou, pour un enrouleur, en vitesse d'avancement.

Exemples
  1. Votre installation

    Le calcul porte sur une arrivée d'eau (pompe, borne ou canal) et sur la surface qu'elle arrose avec un même système d'irrigation. Les champs à remplir dépendent du système choisi.

    Valeur préréglée pour ce système : aucune saisie n'est nécessaire. La FAO retient 90 % ; Irmak et ses collègues donnent 85 à 95 % pour une installation bien conçue et bien conduite.

    Méthode de calcul

    Les deux méthodes décrivent la même installation. Choisissez-en une : seuls ses champs sont à remplir.

    Le débit réellement fourni pendant l'arrosage, et non le débit maximal annoncé pour la pompe.

    Toute la surface alimentée par cette arrivée d'eau, tous secteurs compris : 9 ha arrosés en trois secteurs de 3 ha comptent pour 9 ha.

    40 m³/h sur 9 ha 0,44 mm d'eau par heure, sur toute la surface

    Moyenne sur toute la surface : avec cette méthode, les secteurs n'ont pas à être indiqués. 1 mm d'eau sur 1 ha représente 10 m³.

  2. Le temps d'arrosage

    Pannes, déplacements et heures d'interdiction déduits : une interdiction de prélever de 11 h à 18 h retire 7 heures.

    Tour d'eau ou jours d'interdiction : deux jours d'interdiction par semaine laissent 5 jours sur 7.

  3. Le besoin de la culture

    ETc de pointe de la culture

    L'eau que la culture consomme chaque jour pendant la pointe.

    Pour savoir pendant combien de jours la réserve du sol comble le déficit. Calculer la RFU d'un sol

  4. Le résultat

    Lancez la simulation pour calculer le résultat avec vos réglages.

    Apport brut

    8,9mm d'eau/j

    chaque jour, eau pompée rapportée à la surface

    Capacité d'apport

    8,0mm d'eau/j

    pertes déduites (efficience de 90 %), soit 80 m³/ha/j

    Part de l'ETc couverte

    76%

    ETc de 10,5 mm/j : déficit de 2,5 mm d'eau par jour

    Eau que la culture puise chaque jour dans la réserve du sol

    Chaque jour de pointe, la culture puise 2,5 mm d'eau dans la réserve du sol : une RFU pleine de 24 mm est épuisée en 10 jours environ. La culture réduit ensuite sa transpiration.

    Pour couvrir cette ETc, il faudrait arroser 26 h par jour, ce qui dépasse 24 h, ou disposer d'un débit de 53 m³/h pendant 20 h.

    Eau pompée : 89 m³/ha/j, soit un débit continu de 1,03 L/s/ha.

  5. Régler un arrosage

    Pour l'installation décrite à l'étape 1 : la durée d'arrosage qui donne une dose, ou la dose que donne une durée.

    Ce que vous connaissez

    Dose brute : l'eau que distribue l'installation, en mm sur toute la surface, avant déduction des pertes.

    Des secteurs semblables, comme à l'étape 1. Indiquez 1 si toute la surface est arrosée en même temps.

    Durée d'arrosage

    22 h 30min

    10 mm à 0,44 mm d'eau par heure

    Toute la surface

    1,1jour d'arrosage

    22 h 30 min, à 20 h par jour

    Dose nette

    9,0mm d'eau

    pertes déduites (efficience de 90 %)

    Cet arrosage demande 22 h 30 min, plus que les 20 h d'arrosage possibles par jour (étape 2).

    10 mm ÷ 0,44 mm/h → 22 h 30 min.

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Calcul indicatif. L’apport brut est le débit multiplié par la durée d’arrosage et divisé par la surface, moyenné sur la semaine selon les jours d’accès à l’eau. La capacité d’apport est l’apport brut multiplié par l’efficience d’application, dont la valeur préréglée vient de la FAO1, d’Irmak et ses collègues2 et, pour le pivot, de Kranz et ses collègues3. L’ETc de pointe se calcule à partir de l’ETo et du Kc de mi-saison de la culture, mis à jour en 20214,5,6. La durée d’un arrosage est la dose divisée par la pluviométrie horaire7 ; la vitesse d’un enrouleur suit la formule du guide pratique d’irrigation du Cemagref8.

Mode d’emploi du calculateur de capacité d’apport

Section intitulée « Mode d’emploi du calculateur de capacité d’apport »

Le calculateur se remplit dans l’ordre de ses cinq étapes : votre installation, le temps d’arrosage, le besoin de votre culture, la lecture du résultat, puis le réglage d’un arrosage. Chaque réglage met le résultat à jour.

Entre la ressource en eau et les racines, chaque élément de l’installation peut limiter la quantité d’eau apportée (figure 1) : le débit de la pompe, la durée pendant laquelle le programmateur ouvre la vanne, le nombre de goutteurs et leur débit.

Schéma isométrique : retenue, électropompe centrifuge, filtre à disques avec manomètres, électrovanne et programmateur, puis rampe de goutte-à-goutte suspendue au fil du bas d'un rang de vigne palissée. La coupe du sol, hachurée par horizon, montre l'eau apportée sous les goutteurs et la sonde Akuasense placée près d'un cep, qui mesure l'humidité et la température du sol tous les 15 cm ; son boîtier transmet les relevés au hub en 4G. Légende avec les symboles normalisés de chaque élément. L'animation montre un arrosage puis l'assèchement du sol : l'eau circule dans les conduites, une goutte tombe de chaque goutteur, et la courbe du hub suit l'humidité du sol.

Figure 1. La chaîne d’irrigation, de la ressource aux racines : une retenue d’eau, une électropompe, un filtre à disques, une électrovanne commandée par un programmateur et une rampe de goutte-à-goutte le long d’un rang de vigne. Le débit de la pompe, la durée d’arrosage que permet le programmateur, le nombre et le débit des goutteurs déterminent l’eau apportée chaque jour. La sonde mesure l’humidité du sol à plusieurs profondeurs ; le boîtier transmet ses relevés en 4G toutes les heures. Les symboles de la légende suivent les conventions des normes ISO 1219-1, ISO 14617 et ISA-5.1.

Schéma isométrique : retenue, électropompe centrifuge, filtre à disques avec manomètres, électrovanne et programmateur, puis rampe de goutte-à-goutte suspendue au fil du bas d'un rang de vigne palissée. La coupe du sol, hachurée par horizon, montre l'eau apportée sous les goutteurs et la sonde Akuasense placée près d'un cep, qui mesure l'humidité et la température du sol tous les 15 cm ; son boîtier transmet les relevés au hub en 4G. Légende avec les symboles normalisés de chaque élément. L'animation montre un arrosage puis l'assèchement du sol : l'eau circule dans les conduites, une goutte tombe de chaque goutteur, et la courbe du hub suit l'humidité du sol.

Le système et son efficience. L’efficience d’application est la part de l’eau apportée au champ qui reste stockée dans la zone racinaire, à la disposition de la culture2. Le reste est perdu par ruissellement ou par écoulement sous la zone racinaire1 et, en aspersion, avant même d’atteindre le sol, par évaporation et dérive au vent9. L’efficience dépend du système, mais aussi de la conduite de l’irrigation, du sol, de la pente et du stade de la culture2.

Le calculateur retient pour chaque système une valeur de référence publiée (tableau 1), préréglée : aucune saisie n’est nécessaire. Le bouton « Modifier cette valeur » permet d’en indiquer une autre.

Ce que couvre le calcul. Le calcul porte sur une arrivée d’eau (pompe, borne ou canal) et sur la surface qu’elle arrose avec un même système d’irrigation, en une fois ou en secteurs arrosés l’un après l’autre. Votre installation se décrit selon l’une des deux méthodes suivantes ; seuls les champs de la méthode choisie sont à remplir.

  • Le débit de la pompe et la surface arrosée, pour tous les systèmes. Le débit est celui réellement fourni au réseau pendant l’arrosage, et non le débit maximal annoncé pour la pompe. La surface est toute celle que la pompe alimente, tous secteurs compris. Le calcul répartit l’eau pompée sur cette surface : 40 m³/h sur 9 ha représentent 0,44 mm d’eau par heure de pompage, en moyenne sur toute la surface. C’est la seule méthode proposée pour un enrouleur, un pivot ou une rampe frontale, car sous le canon ou sous la rampe la pluviométrie instantanée est bien supérieure à la moyenne sur la parcelle ; c’est aussi la seule en gravitaire, avec le débit à l’entrée de la parcelle.
  • Les distributeurs, en goutte-à-goutte, en micro-aspersion et en aspersion fixe : goutteurs, micro-asperseurs ou asperseurs. La pluviométrie horaire est le débit d’un goutteur divisé par la surface qu’il arrose12, c’est-à-dire multiplié par le nombre de goutteurs par mètre carré13. Comme 1 litre d’eau sur 1 m² représente 1 mm d’eau, des goutteurs de 1,6 L/h tous les 0,50 m, sur des rampes espacées de 2 m, arrosent chacun 1 m² et apportent 1,6 mm d’eau par heure12 (figure 2).

Deux cas particuliers de la méthode des distributeurs :

  • Distributeurs comptés par plante. La densité est leur nombre par plante divisé par la surface de chaque plante, produit de la distance entre plantes sur le rang par la distance entre rangs. Exemple : 6 goutteurs de 4 L/h par plante, pour des plantes espacées de 6 m sur le rang et de 6 m entre rangs, apportent 0,67 mm d’eau par heure sur le secteur arrosé.
  • Asperseurs. La pluviométrie est le débit d’un asperseur, en m³/h, rapporté à la surface qu’il couvre, produit de la distance entre asperseurs sur la rampe par la distance entre rampes ; 1 m³ d’eau réparti sur 1 000 m² représente 1 mm. Le manuel d’irrigation de la FAO la donne en tableau pour chaque buse, pression et écartement7.

Les secteurs. Avec la méthode des distributeurs, lorsque la pompe ne peut pas alimenter toute la parcelle à la fois, celle-ci est divisée en secteurs arrosés l’un après l’autre, comme dans l’exemple de dimensionnement du guide de micro-irrigation du NRCS, le service de conservation des ressources naturelles du ministère américain de l’Agriculture13. La durée d’arrosage possible se partage entre eux, et leur nombre est à indiquer. La surface arrosée, facultative, ne change pas la capacité d’apport : elle permet d’indiquer aussi le débit que demande chaque secteur, que la pompe et la ressource doivent pouvoir fournir.

Installation plus complexe. Le calculateur suppose des secteurs semblables : même système, même équipement, même surface et même temps d’arrosage. Lorsque vos secteurs diffèrent, ou que plusieurs systèmes partagent la même pompe, faites un calcul par secteur : à l’étape 1, décrivez ce seul secteur, par le débit qu’il reçoit et sa surface, ou par ses distributeurs avec « Nombre de secteurs » à 1 ; à l’étape 2, indiquez les heures pendant lesquelles il reçoit l’eau chaque jour. Une pompe qui fonctionne 20 heures par jour pour des tomates arrosées 12 heures et des melons arrosés 8 heures demande ainsi deux calculs, l’un avec 12 heures, l’autre avec 8 heures. Plusieurs pompes indépendantes se calculent séparément ; lorsque plusieurs pompes alimentent le même réseau, leurs débits s’additionnent.

Schéma isométrique d'un bloc de sol traversé par deux rampes de goutte-à-goutte espacées de 2,00 m, avec un goutteur tous les 0,50 m. Une maille de 0,50 m sur 2,00 m, soit 1 m², est arrosée par un seul goutteur. Les bandes humidifiées le long des rampes couvrent environ 35 % de la surface ; une coupe montre les bulbes d'humectation sous les goutteurs. À droite, le calcul : 1,6 L/h sur 1 m² donnent 1,6 mm d'eau par heure, soit 4,6 mm par heure dans la zone humidifiée. Dans l'encadré B, la parcelle est divisée en 4 secteurs arrosés à tour de rôle 20 heures par jour ; le bloc représenté se trouve dans le secteur 2, en cours d'arrosage ; une frise de 24 heures montre que chaque secteur reçoit l'eau 5 heures, soit 8 mm d'eau par jour. L'animation parcourt la journée : les secteurs sont arrosés l'un après l'autre, et le sol du bloc représenté s'humidifie pendant l'arrosage du secteur 2, puis s'assèche.

Figure 2. Du débit des goutteurs à la pluviométrie horaire. Chaque goutteur arrose une maille, dont la surface est le produit de l’écartement des goutteurs par celui des rampes : un goutteur de 1,6 L/h sur une maille de 1 m² apporte 1,6 mm d’eau par heure. L’eau humidifie une bande le long de la rampe, où la lame d’eau est plus élevée que sur l’ensemble de la parcelle. Lorsque la parcelle est divisée en secteurs arrosés à tour de rôle, la durée d’arrosage se partage entre eux : chaque secteur reçoit ici 8 mm d’eau par jour, avant déduction des pertes. Schéma de principe : la largeur des bandes humidifiées dépend du sol, du débit et de la durée d’arrosage.

Schéma isométrique d'un bloc de sol traversé par deux rampes de goutte-à-goutte espacées de 2,00 m, avec un goutteur tous les 0,50 m. Une maille de 0,50 m sur 2,00 m, soit 1 m², est arrosée par un seul goutteur. Les bandes humidifiées le long des rampes couvrent environ 35 % de la surface ; une coupe montre les bulbes d'humectation sous les goutteurs. À droite, le calcul : 1,6 L/h sur 1 m² donnent 1,6 mm d'eau par heure, soit 4,6 mm par heure dans la zone humidifiée. Dans l'encadré B, la parcelle est divisée en 4 secteurs arrosés à tour de rôle 20 heures par jour ; le bloc représenté se trouve dans le secteur 2, en cours d'arrosage ; une frise de 24 heures montre que chaque secteur reçoit l'eau 5 heures, soit 8 mm d'eau par jour. L'animation parcourt la journée : les secteurs sont arrosés l'un après l'autre, et le sol du bloc représenté s'humidifie pendant l'arrosage du secteur 2, puis s'assèche.
Un enrouleur au bord d'un champ de maïs, dans le Loiret, en août 2015 : au premier plan, le tambour qui porte le tuyau ; au second plan, le canon arrose la parcelle.
Photo : François Goglins, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons, recadrée.

Sur cette photo, prise en août 2015 dans le Loiret, un enrouleur irrigue un champ de maïs : le tambour, au premier plan, enroule le tuyau qui tire le canon à travers la parcelle. Pour un matériel que l’on déplace ainsi de parcelle en parcelle, la capacité d’apport se calcule avec le débit de la pompe et toute la surface qu’il arrose en un tour d’eau.

La durée d’arrosage possible par jour est le nombre d’heures pendant lesquelles l’installation peut fonctionner, une fois déduits les pannes, les déplacements du matériel et les heures d’interdiction.

  • En aspersion, le guide d’irrigation du NRCS indique qu’il est courant de compter 22 heures de fonctionnement par jour, ou 6 jours par semaine9.
  • En irrigation localisée, le manuel d’irrigation de la FAO conseille de ne dépasser ni 90 % du temps disponible ni 22 heures par jour14.
  • Une restriction se traduit en heures : dans l’Aude, en 2025, le niveau d’alerte réduisait de 30 % les prélèvements pour l’irrigation agricole, à défaut d’un règlement d’arrosage, en interdisant de prélever de 11 heures à 18 heures15, soit jusqu’à 7 heures de moins par jour.

Les jours d’accès à l’eau par semaine. Dans un réseau collectif, lorsque le fonctionnement du réseau le nécessite, le gestionnaire peut instituer un tour d’eau pour assurer une desserte équitable des irrigants16 ; en période de sécheresse, un arrêté préfectoral peut aussi interdire l’irrigation certains jours. En 2023, le niveau d’alerte en Gironde imposait soit l’interdiction des prélèvements agricoles deux jours par semaine, soit une réduction de 30 % en volume ou en temps17.

Le calculateur répartit l’eau apportée les jours d’arrosage sur les sept jours de la semaine : une installation qui apporte 8,9 mm d’eau les jours où elle fonctionne, 5 jours sur 7, apporte en moyenne 6,3 mm par jour.

L’ETc de pointe est l’évapotranspiration de la culture pendant les journées les plus exigeantes de la saison, culture en pleine végétation. Elle s’obtient en multipliant l’ETo, la demande en eau du climat (l’ETP des bulletins agricoles), par le coefficient cultural Kc de mi-saison10. Les bulletins d’irrigation l’appellent souvent ETM, évapotranspiration maximale.

Le calculateur propose les Kc mis à jour en 2021 pour les grandes cultures, les cultures légumières4,5, les arbres fruitiers et la vigne6, ces derniers par classe de densité de plantation et de couvert (tableau 2).

Au pic de la canicule, du 21 au 25 juin 2026, l’ETP a atteint 10 mm d’eau par jour en Auvergne, dans le Centre-Val de Loire, en Île-de-France et dans le Limousin, selon Arvalis18. Les exemples de cette page retiennent une ETc ou une ETo de 10,5 mm d’eau par jour, valeur d’illustration reprise de l’article « réserve utile ». L’ETc estimée pour une journée n’est pas la consommation moyenne d’une période plus longue9 : une ETc de pointe se compare à la capacité d’apport le temps d’une vague de chaleur.

La RFU de la parcelle, facultative, est la réserve facilement utilisable : la part de la réserve utile du sol que la culture extrait sans réduire sa transpiration. Le calculateur de réserve utile l’estime horizon par horizon. Avec elle, le résultat indique pendant combien de jours la réserve du sol comble l’écart entre l’ETc de pointe et la capacité d’apport.

Le résultat donne l’apport brut, la capacité d’apport et la part de l’ETc de pointe qu’elle couvre. Sous ces chiffres :

  • la barre du haut représente l’eau apportée un jour d’arrosage ;
  • la suivante, la moyenne sur la semaine, lorsque l’eau n’est pas disponible tous les jours ;
  • la dernière, la capacité d’apport, pertes déduites ;
  • la ligne en tirets marque l’ETc de pointe, et la partie hachurée l’eau que la culture puise chaque jour dans la réserve du sol.

Le résultat indique aussi la durée d’arrosage ou le débit qu’il faudrait pour couvrir l’ETc de pointe.

Le bouton « Copier le lien de ce calcul » copie une adresse qui contient tous les réglages : ouverte dans un navigateur, elle affiche le même calcul.

Format du lien de calcul

L’adresse de la page reçoit les paramètres suivants, communs à toutes les langues :

  • sys : identifiant du système d’irrigation (tableau 1) ;
  • eff : facultatif, efficience d’application en %, nombre entier de 40 à 100 ; s’il est présent, le calculateur ouvre le réglage manuel ;
  • m : la méthode de calcul, pump (le débit de la pompe, pour tous les systèmes) ou emitters (les distributeurs : goutteurs, micro-asperseurs ou asperseurs, en goutte-à-goutte, en micro-aspersion et en aspersion fixe seulement) ;
  • avec m=pump : q, débit de la pompe en m³/h, de 0,5 à 2 000, et s, surface arrosée en ha, de 0,1 à 1 000 ; sauf pour le pivot et l’enrouleur, n, facultatif, nombre de secteurs arrosés l’un après l’autre, entier de 1 à 20, pour la durée d’arrosage d’un secteur à l’étape 5 (1 par défaut) ;
  • avec m=emitters : qe, débit d’un distributeur, en L/h de 0,1 à 500 pour un goutteur ou un micro-asperseur, en m³/h de 0,05 à 50 pour un asperseur ; grid, disposition des distributeurs, sous l’une des formes suivantes (pour des asperseurs, la première seulement) :
    • distance entre distributeurs sur la rampe x distance entre rampes, en m, de 0,05 à 30 et de 0,1 à 30, par exemple 0.5x2 ;
    • plant:distributeurs par plante:distance entre plantes sur le rang x distance entre rangs, un nombre entier de 1 à 40, puis en m de 0,05 à 20 et de 0,1 à 20, par exemple plant:6:6x6 ;
    • un nombre de distributeurs par m², de 0,01 à 50, par exemple 1.25 ;
  • avec m=emitters, aussi : n, nombre de secteurs arrosés l’un après l’autre, entier de 1 à 20, et s, facultatif, surface arrosée en ha, de 0,1 à 1 000, pour le débit de chaque secteur ;
  • h : durée d’arrosage possible par jour, en heures, multiple de 0,5 de 1 à 24 ;
  • d : jours d’accès à l’eau par semaine, entier de 1 à 7 ;
  • le besoin de la culture, de l’une des deux façons suivantes : etc, ETc de pointe en mm/j, de 1 à 15 ; ou crop, identifiant de la culture (tableau 2), avec et0, ETo en mm/j, de 1 à 14 ; etc et et0 ont une décimale au plus ;
  • raw : facultatif, RFU de la parcelle en mm, entier de 5 à 200 ;
  • le réglage d’un arrosage (étape 5), facultatif, de l’une des façons suivantes : dose, dose brute en mm, de 0,5 à 100, une décimale au plus ; dur, durée d’arrosage d’un secteur, ou d’un tour pour un pivot, en minutes, entier de 1 à 59 999 (sauf enrouleur) ; ou v, vitesse d’avancement en m/h, de 8 à 160, une décimale au plus (enrouleur seulement) ; sans aucun des trois, la dose de départ du système (10 mm en goutte-à-goutte et en micro-aspersion, 30 mm en aspersion fixe et pour l’enrouleur, 20 mm pour le pivot, 50 mm en gravitaire) ;
  • pour l’enrouleur seulement : w, écartement entre deux passages en m, entier de 30 à 130 (72 par défaut) ; reels, enrouleurs qui arrosent en même temps, entier de 1 à 10 (1 par défaut) ; len, facultatif, longueur d’un passage en m, entier de 50 à 1 000.

Les décimales s’écrivent avec un point. Un lien incomplet, ou dont une valeur sort de ces bornes, affiche l’exemple par défaut avec un message.

Exemple : https://docs.akuasense.com/fr/blog/calcul-debit-irrigation/?sys=drip&m=pump&q=40&s=9&n=3&h=20&d=7&etc=10.5&raw=24&dose=10 décrit l’installation de l’exemple, une pompe de 40 m³/h pour 9 ha au goutte-à-goutte, 20 heures par jour, 7 jours sur 7, face à une ETc de pointe de 10,5 mm d’eau par jour et à une RFU de 24 mm ; le calculateur affiche un apport brut de 8,9 mm d’eau par jour, une capacité d’apport de 8,0 mm, une RFU épuisée en 10 jours environ et, pour une dose de 10 mm, 7 h 30 min d’arrosage par secteur.

5. Régler un arrosage : dose, durée et vitesse de l’enrouleur

Section intitulée « 5. Régler un arrosage : dose, durée et vitesse de l’enrouleur »

La dernière étape convertit une dose, en mm d’eau, en durée d’arrosage, ou une durée en dose, avec l’installation décrite à l’étape 1. Choisissez ce que vous connaissez : la dose ou la durée (pour un enrouleur, la dose ou la vitesse).

La dose saisie est une dose brute : l’eau que distribue l’installation, avant déduction des pertes. Le résultat donne aussi la dose nette, celle qui reste à la disposition de la culture : la dose brute multipliée par l’efficience d’application7.

Avec des distributeurs, la durée d’arrosage d’un secteur est la dose divisée par la pluviométrie horaire du secteur7,8 : 10 mm à 0,67 mm d’eau par heure demandent 15 heures. Le résultat donne ensuite le temps qu’il faut pour arroser tous les secteurs, l’un après l’autre, et signale s’il dépasse la durée d’arrosage possible par jour.

Avec le débit de la pompe, l’étape demande le nombre de secteurs arrosés l’un après l’autre, supposés semblables. Toute la surface reçoit la dose en une durée de pompage égale à dix fois la dose multipliée par la surface, divisée par le débit7 : 10 mm sur 9 ha avec 40 m³/h demandent 22 heures 30 de pompage, soit 7 heures 30 par secteur avec trois secteurs. Pour un pivot, cette durée est celle d’un tour.

Avec un enrouleur, la dose que reçoit la bande arrosée dépend de trois réglages : le débit du canon, l’écartement entre deux passages et la vitesse d’avancement8,19.

  • L’écartement est la distance entre deux positions successives de l’enrouleur. Il est inférieur à la largeur mouillée par le canon, car les bandes voisines se chevauchent : le guide pratique du Cemagref le fixe à 1,6 fois la portée du jet dans une région peu ventée (69 m pour une portée de 43 m), et le réduit dans une région habituellement ventée8.
  • Le débit de chaque canon est celui de la pompe, divisé par le nombre d’enrouleurs qui arrosent en même temps.
  • La vitesse se déduit de la dose voulue : 1 000 fois le débit du canon, divisé par l’écartement multiplié par la dose8. Avec 50 m³/h, 72 m d’écartement et 30 mm, l’enrouleur doit avancer à 23 m/h.

La longueur d’un passage, facultative, donne la durée de chaque passage et le nombre de passages qu’il faut pour arroser toute la surface. Le calculateur signale une vitesse qui sort de la plage habituelle des enrouleurs, de 8 à 160 m/h20.

Interpréter le résultat : capacité d’apport et ETc de pointe

Section intitulée « Interpréter le résultat : capacité d’apport et ETc de pointe »

L’apport brut est l’eau pompée ou distribuée, rapportée à la surface arrosée. L’apport brut d’un jour d’arrosage est le débit multiplié par la durée d’arrosage, divisé par la surface ; l’apport brut moyen est ce chiffre multiplié par la part des jours d’accès à l’eau dans la semaine.

La capacité d’apport est l’apport brut moyen multiplié par l’efficience d’application : c’est l’eau qui reste à la disposition de la culture. Le guide d’irrigation américain distingue de même la capacité brute d’une installation, l’eau pompée, et sa capacité nette, l’eau qui parvient à la zone racinaire : la première est la seconde divisée par l’efficience d’application9.

Abrut=Q×t10×S×j7A_{\text{brut}} = \frac{Q \times t}{10 \times S} \times \frac{j}{7}
C=Abrut×EC = A_{\text{brut}} \times E

AbrutA_{\text{brut}} : apport brut moyen, en mm d’eau par jour ; CC : capacité d’apport, en mm d’eau par jour

QQ : débit de la pompe, en m³/h ; tt : durée d’arrosage possible, en h/j ; SS : surface arrosée, en ha ; jj : jours d’accès à l’eau par semaine ; EE : efficience d’application

le facteur 10 vient de ce que 1 mm d’eau sur 1 ha représente 10 m³

Abrut=q×D×tN×j7A_{\text{brut}} = q \times D \times \frac{t}{N} \times \frac{j}{7}

à partir des distributeurs : qq : débit d’un distributeur, en L/h (pour un asperseur, débit en m³/h multiplié par 1 000) ; DD : nombre de distributeurs par m² ; q×Dq \times D : pluviométrie horaire, en mm d’eau par heure ; NN : nombre de secteurs arrosés l’un après l’autre

exemple : 40×20÷(10×9)=8,940 \times 20 \div (10 \times 9) = 8{,}9 mm d’eau pompés par jour (40 m³/h, 20 h/j, 9 ha, 7 jours sur 7) ; avec une efficience de 90 %, 8,0 mm d’eau par jour restent à la disposition de la culture ; 5 jours sur 7, 5,7 mm

Le débit de la pompe fixe un plafond, que la durée d’arrosage et les jours d’accès à l’eau abaissent : avec la pompe de l’exemple, 24 heures d’arrosage par jour, 7 jours sur 7, donnent au plus 9,6 mm d’eau par jour, moins que l’ETc de pointe de 10,5 mm (figure 3).

Les mêmes chiffres s’expriment en volume : 1 mm d’eau par jour représente 10 m³ par hectare et par jour. Ils s’expriment aussi en débit continu, l’unité des réseaux collectifs et des autorisations de prélèvement : 1 L/s/ha, apporté 24 heures sur 24, représente 8,64 mm d’eau par jour.

Capacité d'apport d'une pompe de 40 m³/h sur 9 ha (goutte-à-goutte, efficience de 90 %) selon la durée d'arrosage : à 20 h par jour, 8,0 mm d'eau par jour 7 jours sur 7 et 5,7 mm 5 jours sur 7 ; à 24 h, 9,6 mm, sous l'ETc de pointe de 10,5 mm.

Figure 3. Capacité d’apport de l’installation de l’exemple (pompe de 40 m³/h pour 9 ha au goutte-à-goutte, efficience de 90 %) selon la durée d’arrosage possible chaque jour, avec 7 et 5 jours d’accès à l’eau par semaine. Même en arrosant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, elle ne dépasse pas 9,6 mm d’eau par jour et reste sous une ETc de pointe de 10,5 mm.

Capacité d'apport d'une pompe de 40 m³/h sur 9 ha (goutte-à-goutte, efficience de 90 %) selon la durée d'arrosage : à 20 h par jour, 8,0 mm d'eau par jour 7 jours sur 7 et 5,7 mm 5 jours sur 7 ; à 24 h, 9,6 mm, sous l'ETc de pointe de 10,5 mm.

Comparer la capacité d’apport à l’ETc de pointe

Section intitulée « Comparer la capacité d’apport à l’ETc de pointe »

Lorsque la capacité d’apport est inférieure à l’ETc, la culture puise chaque jour la différence dans la réserve du sol. Une RFU pleine retarde alors le stress hydrique d’un nombre de jours égal, en première approximation, à la RFU divisée par ce déficit : avec 8,0 mm d’eau par jour d’apport pour une ETc de 10,5 mm, une RFU de 24 mm est épuisée en 10 jours environ.

Le guide d’irrigation américain décrit ce compromis. La conception la plus prudente donne à l’installation de quoi couvrir l’ETc de pointe, sans compter ni la pluie ni la réserve du sol ; en comptant l’une et l’autre, on peut dimensionner une installation de capacité moindre9. Le même guide précise qu’une installation ne doit jamais être conçue en comptant sur des pluies suffisantes pendant la période d’irrigation, et, à propos des pivots, qu’une installation qui ne couvre pas entièrement l’ETc de pointe ne peut en général pas suivre la demande pendant une longue période très chaude et sèche9.

L’ETc de pointe dépend de la culture. Avec une ETo de 10,5 mm d’eau par jour, la capacité d’apport de l’exemple, 8,0 mm d’eau par jour, ne couvre l’ETc de mi-saison d’aucune des grandes cultures et cultures légumières de la figure 4 (maïs, tournesol, pomme de terre, tomate, melon, oignon), ni celle d’un avocatier, d’un amandier ou d’une vigne de raisin de table ; elle couvre celle d’une vigne de cuve, d’un olivier ou d’un verger d’agrumes.

Graphique en barres : ETc de mi-saison de 12 cultures pour une ETo de 10,5 mm d'eau par jour, comparée à une capacité d'apport de 8 mm d'eau par jour. Maïs grain : 12,6 mm ; Tournesol : 12,6 mm ; Pomme de terre : 12,1 mm ; Tomate de plein champ : 11,6 mm ; Melon : 11,0 mm ; Oignon : 11,0 mm ; Avocatier, verger dense : 10,5 mm ; Amandier, verger dense : 9,5 mm ; Raisin de table, treille horizontale : 9,5 mm ; Vigne de cuve, palissage vertical : 7,4 mm ; Agrumes, verger dense : 7,4 mm ; Olivier, haie intensive : 4,7 mm.

Figure 4. ETc de mi-saison de quelques cultures pour une ETo de 10,5 mm d’eau par jour, calculée avec les Kc standard mis à jour en 2021, sans correction climatique, et comparée à la capacité d’apport de l’exemple, 8 mm d’eau par jour. Pour les arbres fruitiers et la vigne, le Kc dépend de la densité de plantation et du couvert, c’est-à-dire de la part du sol couverte par le feuillage : la classe retenue est indiquée sous chacune de ces cultures. Les valeurs réelles dépendent aussi de la variété, de la conduite de la culture et du climat local4,5,6.

Graphique en barres : ETc de mi-saison de 12 cultures pour une ETo de 10,5 mm d'eau par jour, comparée à une capacité d'apport de 8 mm d'eau par jour. Maïs grain : 12,6 mm ; Tournesol : 12,6 mm ; Pomme de terre : 12,1 mm ; Tomate de plein champ : 11,6 mm ; Melon : 11,0 mm ; Oignon : 11,0 mm ; Avocatier, verger dense : 10,5 mm ; Amandier, verger dense : 9,5 mm ; Raisin de table, treille horizontale : 9,5 mm ; Vigne de cuve, palissage vertical : 7,4 mm ; Agrumes, verger dense : 7,4 mm ; Olivier, haie intensive : 4,7 mm.

Couvrir toute l’ETc n’est pas toujours l’objectif. En 2011, lors du débat public sur le projet Aqua Domitia, l’Institut français de la vigne et du vin et les chambres d’agriculture du Gard et du Vaucluse recommandaient pour la vigne, au goutte-à-goutte, des apports quotidiens faibles, de 1 à 2 mm d’eau par jour21 : la capacité d’apport se compare alors à l’apport visé, non à l’ETc.

  • Connaître le débit ou la durée qu’il faudrait. La formule se lit dans l’autre sens. Pour dimensionner un réseau, P. Guillaume calcule le débit nécessaire à partir des besoins bruts de pointe, c’est-à-dire des besoins nets de pointe divisés par l’efficience estimée du système, multipliés par 10 et par la surface, puis divisés par la durée d’arrosage possible22. Pour couvrir 10,5 mm d’eau par jour sur les 9 ha de l’exemple, il faudrait arroser un peu plus de 26 heures par jour, soit plus de 24 heures, ou disposer d’environ 53 m³/h pendant 20 heures.
  • Mesurer l’effet d’une restriction. Pour une installation qui arrosait 7 jours sur 7, deux jours d’interdiction par semaine retirent 29 % de la capacité d’apport ; une interdiction de prélever de 11 heures à 18 heures retire jusqu’à 7 heures à la durée possible.
  • Connaître la dose maximale de chaque passage. Avec un matériel que l’on déplace de parcelle en parcelle, comme un enrouleur, la capacité d’apport multipliée par la durée du tour d’eau donne la dose que chaque parcelle peut recevoir à chaque passage, pertes déduites. Pour l’enrouleur de l’exemple (pompe de 50 m³/h pour 20 ha, 20 heures par jour, tableau 3), la capacité d’apport est de 3,5 mm d’eau par jour, soit 24,5 mm sur un tour d’eau de 7 jours. Arvalis observe des tours d’eau souvent de 7 à 8 jours23.
  • Vérifier la pompe face au réseau. Dans l’exemple de dimensionnement du NRCS, la parcelle est divisée en trois secteurs égaux, arrosés l’un après l’autre, pour rester dans la limite du débit de la pompe13 ; si un secteur demande plus que la pompe ne fournit, la pression baisse dans le réseau, et avec elle le débit des goutteurs. Dans l’exemple d’agrumes (6 goutteurs de 4 L/h par plante, plantes à 6 m sur 6 m, 2 secteurs sur 12 ha, tableau 3), chaque secteur de 6 ha demande 40 m³/h.

Les conversions de l’étape 5 reposent sur les mêmes grandeurs. La durée d’un arrosage est la dose divisée par la pluviométrie horaire7 ; avec le débit de la pompe, elle s’écrit directement à partir du débit et de la surface. La dose apportée par un enrouleur est fixée par le débit du canon, l’écartement et la vitesse8,19.

t=drt = \frac{d}{r}
T=10×d×SQT = \frac{10 \times d \times S}{Q}
v=1 000×QcW×dv = \frac{1\,000 \times Q_c}{W \times d}

tt : durée d’arrosage d’un secteur, en h ; dd : dose brute, en mm ; rr : pluviométrie horaire du secteur, en mm d’eau par heure

TT : durée de pompage pour que toute la surface reçoive la dose, en h ; SS : surface arrosée, en ha ; QQ : débit de la pompe, en m³/h

vv : vitesse d’avancement de l’enrouleur, en m/h ; QcQ_c : débit d’un canon, en m³/h ; WW : écartement entre deux passages, en m

dose nette : d×Ed \times E, EE étant l’efficience d’application ; exemple : 1 000×50÷(72×30)=231\,000 \times 50 \div (72 \times 30) = 23 m/h

Le guide pratique du Cemagref en donne un exemple : un canon de 38 m³/h, à 69 m d’écartement, doit avancer à 22 m/h pour apporter 25 mm, et à 14 m/h pour 40 mm8. Le même guide situe la pluviométrie sous un canon entre 8 et 12 mm/h8 : c’est la vitesse à laquelle l’eau tombe là où le canon arrose, et non la dose, qui dépend de la vitesse d’avancement.

Les références disponibles se lisent avec leurs conditions. Au pic de la canicule de juin 2026, Arvalis relevait que les ETP journalières « dépassaient souvent les capacités d’apport du matériel d’irrigation (même sous pivot) »18. En 2008, Arvalis citait en exemple, sur les boulbènes moyennes des terrasses de la Garonne, sols limoneux battants du Sud-Ouest, une installation dont la capacité restait inférieure aux besoins de pointe : elle apportait 4,3 mm d’eau par jour, pour des besoins moyens de 5,5 mm par jour en juillet, calculés par décade23. Dans le bassin de l’Adour, en 2009, les volumes de prélèvement autorisés étaient convertis en surfaces irrigables sur la base d’un besoin unitaire théorique de 0,7 L/s/ha sur les sols filtrants (sables, alluvions) et de 0,6 L/s/ha sur les sols lourds (molasses)24, soit 6,0 et 5,2 mm d’eau par jour en continu.

Aux États-Unis, les pivots sont souvent dimensionnés pour couvrir tout juste l’ETc de pointe, voire moins9. Dans le nord-ouest du Kansas, sur un loam limoneux profond, des simulations sur 34 ans donnent pour le maïs, avec un pivot de 85 % d’efficience, une capacité brute minimale de 6,7 mm d’eau par jour en juillet et août, suffisante une année sur deux ; l’ETc du maïs y connaît des pics de courte durée de 9 à 10 mm d’eau par jour, et les valeurs calculées approchent parfois 13 mm dans le centre des Grandes Plaines25.

Les références de l’Adour et du Kansas portent sur l’eau pompée : elles se comparent à l’apport brut, non à la capacité d’apport. Arvalis ne précise pas si ses 4,3 mm sont bruts ou nets.

Le résultat est un ordre de grandeur, pour six raisons.

  • L’efficience est un repère. Irmak et ses collègues donnent des valeurs « potentielles », pour des installations bien conçues et bien conduites, et précisent qu’elles varient fortement selon la conduite2. Les valeurs publiées dépendent aussi de la définition retenue. Rapportée à l’eau sortie du matériel, l’eau qui atteint le sol atteint au moins 90 % en goutte-à-goutte, en conditions contrôlées26. En France, les mesures du projet CASDAR-Eau en Midi-Pyrénées (2007 à 2010), qui ne comptent que les pertes dans l’air, situent la couverture intégrale entre 70-75 % et 95 % selon le vent et la pression, et l’enrouleur rarement sous 85-90 %27. Ces mesures ne comptent pas l’eau qui ruisselle ou s’écoule ensuite sous les racines, que compte l’efficience d’application du calculateur.
  • Le débit réel peut différer du débit nominal. Le débit d’une pompe ou d’un goutteur dépend de la pression dans le réseau : seul un compteur donne le volume réellement apporté.
  • En goutte-à-goutte, l’eau se concentre sous les goutteurs. Seule une fraction de la surface est humidifiée, de 30 à 40 % selon la FAO10,28 ; la lame d’eau dans cette zone est la lame rapportée à la parcelle divisée par cette fraction10. Un apport de 8 mm d’eau sur la parcelle représente ainsi environ 23 mm dans la zone humidifiée, avec une fraction de 0,35. Les doses de l’étape 5 sont rapportées à la surface arrosée, non à la zone humidifiée.
  • En aspersion, la pluviométrie ne doit pas dépasser la vitesse d’infiltration du sol, faute de quoi l’eau ruisselle7 ; le calculateur ne le vérifie pas.
  • Avec un enrouleur, la dose n’est régulière que sur la longueur parcourue à vitesse constante. Les temporisations de départ et d’arrivée, où le canon arrose sur place, n’entrent ni dans la dose ni dans la durée d’un passage.
  • La pluie n’est pas comptée, et la réserve du sol n’entre pas dans la capacité d’apport : elle sert seulement à estimer en combien de jours le déficit l’épuise.

Le calculateur n’utilise que les valeurs ci-dessous et les formules de cette page : le même calcul peut être refait à la main.

Tableau 1. Systèmes d'irrigation : méthodes de calcul et efficience d'application
SystèmeIdentifiantMéthodes de calculEfficience retenue (%)Valeurs publiées (%)
Goutte-à-gouttedripdébit de la pompe ou goutteurs90FAO : 90 ; Irmak et al. : 85 à 95 en surface, plus de 95 enterré
Micro-aspersionmicro-sprinklerdébit de la pompe ou micro-asperseurs85Irmak et al. : 85 à 90
Aspersion fixe (asperseurs sur toute la parcelle)sprinklerdébit de la pompe ou asperseurs75FAO : 75 (aspersion) ; Irmak et al. : 70 à 85 (couverture intégrale)
Enrouleur (canon)hose-reeldébit de la pompe70Irmak et al. : 65 à 75
Pivot ou rampe frontalepivotdébit de la pompe85Irmak et al. : 75 à 85, 80 à 90 en LEPA (eau déposée au ras du sol par des cannes) ; Kranz et al. : 85 par défaut ; 85 (asperseurs à impact haute pression) à 95 (diffuseurs sur cannes de descente) selon l’équipement
Gravitaire : raie, planche, bassinsurfacedébit à l’entrée de la parcelle60FAO : 60 ; Irmak et al. : 45 à 65 (raie), 60 à 80 (raie avec réutilisation de l’eau ruisselée en bout de raie), 60 à 75 (bassin), 65 à 80 (bassin nivelé avec précision)
L’efficience d’application est la part de l’eau apportée au champ qui reste stockée dans la zone racinaire. Valeurs indicatives de la FAO (annexe I, tableau 8)1 ; valeurs « potentielles » d’Irmak et ses collègues, pour des installations bien conçues et bien conduites (tableau 2)2 ; valeur retenue par Kranz et ses collègues pour un pivot3. Le calculateur retient la valeur de la FAO lorsqu’elle existe ; pour les systèmes que la FAO ne distingue pas, une valeur de la fourchette d’Irmak et ses collègues, et pour le pivot, celle de Kranz et ses collègues.
Tableau 2. Kc de mi-saison des cultures proposées
CultureIdentifiantType ou classe de couvertKc de mi-saisonETc pour une ETo de 10,5 mm d’eau par jourSource
Culture couvrant le solfull-cover—1,0010,5Valeur illustrative
Maïs graingrain-maizerécolte à grain humide1,2012,6Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Blé durdurum-wheatsemis d’automne, récolte à grain sec1,0511,0Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Sorgho graingrain-sorghum—1,1011,6Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Tournesolsunflower—1,2012,6Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Sojasoybean—1,1512,1Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Cotoncotton—1,1011,6Pereira et al., 2021 (grandes cultures)
Pomme de terrepotatocycle court1,1512,1Pereira et al., 2021 (légumes)
Tomate de plein champprocessing-tomatopour l’industrie1,1011,6Pereira et al., 2021 (légumes)
Melonmelon—1,0511,0Pereira et al., 2021 (légumes)
Oignononionrécolte en bulbe sec1,0511,0Pereira et al., 2021 (légumes)
Poivronbell-pepper—1,1011,6Pereira et al., 2021 (légumes)
Avocatier, verger denseavocadocouvert de plus de 50 %1,0010,5Rallo et al., 2021
Amandier, verger densealmondcouvert de 50 à 60 %0,909,5Rallo et al., 2021
Raisin de table, treille horizontaletable-grapecouvert de 60 à 70 %0,909,5Rallo et al., 2021
Vigne de cuve, palissage verticalwine-grapecouvert de 25 à 45 %0,707,4Rallo et al., 2021
Agrumes, verger densecitruscouvert de plus de 65 %0,707,4Rallo et al., 2021
Olivier, haie intensiveolivecouvert de 30 à 40 %0,454,7Rallo et al., 2021
Kc standard mis à jour en 2021 pour les grandes cultures4, les cultures légumières5, les arbres fruitiers et la vigne6, sans correction climatique. Pour les arbres fruitiers et la vigne, le Kc dépend de la densité de plantation et du couvert, c’est-à-dire de la part du sol couverte par le feuillage. La culture couvrant le sol, avec un Kc de 1,00, est une valeur illustrative.
Tableau 3. Exemples du calculateur et résultats
ExempleInstallationTemps d’arrosageBesoinApport brut (mm d’eau par jour)Capacité d’apport (mm d’eau par jour)ETc (mm d’eau par jour)Part de l’ETc couverte (%)
Goutte-à-goutte, 9 haGoutte-à-goutte (90 %), pompe de 40 m³/h pour 9 ha20 h par jour, 7 jours sur 7ETc de 10,5 mm/j ; RFU de 24 mm8,98,010,576
Goutte-à-goutte, 9 ha, 5 jours sur 7Goutte-à-goutte (90 %), pompe de 40 m³/h pour 9 ha20 h par jour, 5 jours sur 7ETc de 10,5 mm/j ; RFU de 24 mm6,35,710,554
Enrouleur, 20 haEnrouleur (70 %), pompe de 50 m³/h pour 20 ha20 h par jour, 7 jours sur 7Maïs grain (Kc 1,20), ETo de 10,5 mm/j5,03,512,627
Agrumes, goutteurs par planteGoutte-à-goutte (90 %), 6 goutteurs de 4 L/h par plante, plantes à 6 m × 6 m, 2 secteurs, 12 ha20 h par jour, 7 jours sur 7Agrumes (Kc 0,70), ETo de 10,5 mm/j6,76,07,481
La part de l’ETc couverte est arrondie à l’unité inférieure, comme dans le calculateur.
Tableau 4. Exemples de réglage d'un arrosage (étape 5)
ExempleInstallation et réglageRésultat
Goutte-à-goutte, 9 haPompe de 40 m³/h, 3 secteurs, 20 h par jour ; dose de 10 mm7 h 30 min par secteur ; 22 h 30 min pour les 3 secteurs, plus que les 20 h possibles par jour : 1,1 jour d’arrosage ; dose nette de 9,0 mm
Agrumes, goutteurs par plante6 goutteurs de 4 L/h par plante, plantes à 6 m × 6 m, 2 secteurs ; dose de 10 mm15 h par secteur ; 30 h pour les 2 secteurs : 1,5 jour d’arrosage ; 360 L par plante ; dose nette de 9,0 mm
Enrouleur, 20 haPompe de 50 m³/h, 20 h par jour, un enrouleur, écartement de 72 m, passages de 350 m ; dose de 30 mm23 m/h ; passage de 15 h 13 min ; 8 passages ; tour des 20 ha en 6 jours d’arrosage (120 h 46 min de pompage) ; dose nette de 21 mm
Enrouleur, 20 ha, à 20 m/hMême enrouleur ; vitesse de 20 m/hdose par passage de 35 mm ; passage de 17 h 30 min ; tour des 20 ha en 6,9 jours d’arrosage ; dose nette de 24 mm
Durées arrondies à la minute. Pour l’enrouleur, la vitesse affichée est arrondie au m/h (au dixième sous 10 m/h), et la durée d’un passage comme celle du tour sont calculées avec cette vitesse, celle que l’on règle.

Le hub, l’application web des sondes d’humidité connectées Akuasense, enregistre l’installation d’irrigation de chaque sonde. Dans ses réglages, on déclare :

  • le système d’irrigation ;
  • en goutte-à-goutte ou en micro-aspersion, le débit d’un goutteur et la densité des goutteurs, à partir de leurs écartements, de leur nombre par plante ou de leur nombre par mètre carré, comme avec les distributeurs de ce calculateur ; en aspersion ou avec un pivot, un débit rapporté à la surface, en mm par heure ;
  • la surface arrosée en un tour d’eau.

Le hub en déduit la pluviométrie de l’installation. Il convertit alors chaque arrosage enregistré, à partir de sa durée ou du volume relevé au compteur, en mm d’eau sur la parcelle et en mm dans la zone humidifiée, avec la fraction de sol mouillée que la FAO retient pour le système28 : c’est la conversion de l’étape 5 de ce calculateur. Un programme d’arrosage décrit le calendrier des arrosages : jours, heures de déclenchement et quantité.

Ce calculateur ajoute ce que le hub ne calcule pas : la capacité d’apport sur la semaine, compte tenu des heures et des jours d’accès à l’eau et de l’efficience de chaque système, sa comparaison à l’ETc de pointe, le débit ou la durée qu’il faudrait pour la couvrir, et le réglage d’un enrouleur.

La mesure montre ce que le calcul ne peut qu’estimer : si l’humidité du sol baisse malgré une irrigation à la capacité maximale de l’installation, jusqu’à quelle profondeur descend l’eau de chaque arrosage, et si une partie passe sous les racines. Les sondes Akuasense mesurent l’humidité et la température du sol tous les 15 cm, une fois par heure, et le hub place les arrosages enregistrés en face des courbes d’humidité. Ces mesures s’ajoutent à la connaissance que l’agriculteur a de sa parcelle, de sa culture et de sa ressource en eau.

Kit de sonde Akuasense : boîtier 4G à panneau solaire clipé sur la tête de la sonde capacitive

Sondes capacitives d'humidité du sol multi‑profondeur

Un capteur capacitif tous les 15 cm mesure l'humidité volumique et la température du sol sur toute la hauteur de la zone racinaire.

  • 3 à 9 profondeurs selon le modèle : 30, 60, 90 ou 120 cm
  • Boîtier autonome, avec batterie et panneau solaire, qui accepte jusqu'à trois sondes
  • Mesures transmises toutes les heures en 4G, carte SIM et forfait compris
  • Position GPS de chaque boîtier dans la parcelle
  • Conçues et assemblées en France
Le hub : tableau de bord d'une exploitation, avec l'état hydrique et la courbe d'humidité de chaque sonde, et la carte de la parcelle

Le hub, l'application de suivi hydrique des parcelles

Le hub rassemble les mesures de toutes vos sondes, sur ordinateur, tablette ou téléphone.

  • L'humidité en synthèse sur la zone racinaire, pondérée selon le sol et la culture, en détail par profondeur et en carte de chaleur
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  • Vos données accessibles par API, et par un serveur MCP
  1. Brouwer C., Prins K., Heibloem M. (1989). Irrigation Water Management: Irrigation Scheduling. Training Manual n° 4. FAO, Rome. Annexe I, tableau 8. fao.org
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Ce calculateur est tiré de l’article Faut-il recharger la réserve utile du sol avant l’été ?, qui en propose trois autres : le calcul de la réserve utile d’un sol, la profondeur humidifiée par un apport et un simulateur de bilan hydrique sur une saison.

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