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Capteur d'humidité capacitif : principe de fonctionnement

Capteur d'humidité capacitif Akuasense

Un capteur d’humidité capacitif est un instrument qui mesure la permittivité diélectrique du sol afin d’estimer sa teneur en eau volumétrique ; les sondes d’humidité du sol d’Akuasense utilisent la technique FDR à 133 MHz. Dans ce document, capteur désigne le dispositif de mesure capacitif et sonde le système complet (capteur, tube PVC, électronique).


  • Les sondes Akuasense utilisent une mesure capacitive de type FDR à 133 MHz pour suivre en continu l’humidité du sol.
  • La grandeur physique réellement mesurée est la permittivité diélectrique apparente du sol, notée εa\varepsilon_a.
  • La teneur en eau volumétrique θ\theta est déduite de εa\varepsilon_a grâce à un modèle de mélange diélectrique adapté aux sols sableux (modèle CRIM).
  • Le fort contraste de permittivité entre l’air, le sol minéral et l’eau libre rend la mesure très sensible aux variations d’humidité.
  • En sols à texture grossière, la mesure diélectrique offre une précision élevée et une excellente reproductibilité pour le pilotage agronomique.

Le capteur est un instrument de mesure de type capacitif / FDR (Frequency Domain Reflectometry) opérant à une fréquence de 133 MHz.
Il est installé à l’intérieur d’un tube en PVC et permet le suivi de l’humidité du sol.

La sonde mesure la permittivité diélectrique apparente du milieu entourant le tube, notée :

εa  (sans uniteˊ)\varepsilon_a \;\text{(sans unité)}

dont on déduit la teneur en eau volumétrique θ\theta, définie comme le rapport entre le volume d’eau et le volume total de sol :

θ=VeauVsol\theta = \frac{V_{eau}}{V_{sol}}

Unités et symboles :

  • θ\theta : teneur en eau volumique [m3/m3\mathrm{m^3/m^3} ou %]
  • VeauV_{eau} : volume d’eau contenu dans l’échantillon [m3\mathrm{m^3}]
  • VsolV_{sol} : volume total de l’échantillon de sol [m3\mathrm{m^3}]

La mesure repose sur la différence importante de permittivité entre les constituants du sol (valeurs sans unité) :

MilieuPermittivité diélectrique ε\varepsilon (approx.)
Airε1\varepsilon \approx 1
Sol minéral (sable / argile)ε3\varepsilon \approx 3 à 77
Eau libreε80\varepsilon \approx 80

Conséquence : une variation mineure de la teneur en eau provoque une variation majeure de la permittivité globale.

Fondement physique : pourquoi la racine carrée de la permittivité ?

Section intitulée « Fondement physique : pourquoi la racine carrée de la permittivité ? »

Cette section explique pourquoi la réponse de la sonde est proportionnelle à la racine carrée de la permittivité, aussi appelée indice de réfraction.

Pour les matériaux non magnétiques (cas du sol) :

n=εn = \sqrt{\varepsilon}
  • nn : indice de réfraction du milieu [sans unité]
  • ε\varepsilon : permittivité diélectrique relative [sans unité]
Schéma de principe d'une sonde capacitive Akuasense - vue en coupe
Schéma de principe d'une sonde capacitive Akuasense - vue en coupe

Le capteur émet une onde électromagnétique le long de la ligne de transmission.
La vitesse de cette onde dans le sol est :

v=cεv = \frac{c}{\sqrt{\varepsilon}}
  • vv : vitesse de l’onde dans le milieu [m/s\mathrm{m/s}]
  • cc : célérité de la lumière dans le vide (3×108m/s3 \times 10^8\,\mathrm{m/s})

Pour une longueur de ligne de transmission fixe LL, le temps de propagation est :

t=2Lvt = \frac{2 \cdot L}{v}

En remplaçant vv, on obtient :

t=2Lεct = \frac{2 \cdot L \cdot \sqrt{\varepsilon}}{c}
  • tt : temps de trajet de l’onde [s\mathrm{s} ou ns\mathrm{ns}]
  • LL : longueur de la ligne de transmission (électrode) [m\mathrm{m}]
  • LL et cc sont constants.
  • Le temps mesuré est proportionnel à ε\sqrt{\varepsilon}.

L’électronique convertit en tension le temps de propagation de l’onde, en mesurant le déphasage entre une onde source et l’onde propagée.

La relation entre l’indice de réfraction εa\sqrt{\varepsilon_a} et le signal mesuré UU se modélise alors par :

εa=aU+b\sqrt{\varepsilon_a} = a \cdot U + b
  • UU : signal de sortie de la sonde [millivolt]
  • aa : coefficient de pente (sensibilité) [mV1\mathrm{mV^{-1}}]
  • bb : constante d’offset [sans unité]
    Les coefficients aa et bb sont déterminés à l’étalonnage.

Dans les sols à texture grossière (sables, sables limoneux), l’interaction entre l’eau et la matrice solide est purement mécanique, ce qui rend la mesure diélectrique extrêmement précise.

Le modèle CRIM (Complex Refractive Index Model) considère que l’indice de réfraction total mesuré par la sonde εa\sqrt{\varepsilon_a} est la somme pondérée des indices de chaque composant du sol :

εa=θεeau+ρbεsolide+(ϕθ)εair\sqrt{\varepsilon_a} = \theta \cdot \sqrt{\varepsilon_{eau}} + \rho_b \cdot \sqrt{\varepsilon_{solide}} + (\phi - \theta) \cdot \sqrt{\varepsilon_{air}}

Où (unités et définitions) :

  • θ\theta : teneur en eau volumique [m3/m3\mathrm{m^3/m^3}]
  • εa\sqrt{\varepsilon_a} : indice de réfraction global mesuré [sans unité]
  • εeau\sqrt{\varepsilon_{eau}} : indice de réfraction de l’eau (9\approx 9)
  • εsolide\sqrt{\varepsilon_{solide}} : indice de réfraction du quartz / sable (2,2\approx 2{,}2)
  • εair\sqrt{\varepsilon_{air}} : indice de réfraction de l’air (=1=1)
  • ϕ\phi : porosité du sol [m3/m3\mathrm{m^3/m^3}]
  • ρb\rho_b : fraction volumique de la phase solide [m3/m3\mathrm{m^3/m^3}]

Comme l’indice de l’air εair=1\sqrt{\varepsilon_{air}} = 1, l’équation devient :

εa=θεeau+ρbεsolide+ϕθ\sqrt{\varepsilon_a} = \theta \cdot \sqrt{\varepsilon_{eau}} + \rho_b \cdot \sqrt{\varepsilon_{solide}} + \phi - \theta

Regroupons les termes contenant θ\theta d’un côté de l’égalité :

εaρbεsolideϕ=θ(εeau1)\sqrt{\varepsilon_a} - \rho_b \cdot \sqrt{\varepsilon_{solide}} - \phi = \theta (\sqrt{\varepsilon_{eau}} - 1)

Équation finale pour la teneur en eau (θ\theta)

Section intitulée « Équation finale pour la teneur en eau (θ\thetaθ) »

L’équation permettant de calculer directement la teneur en eau volumique est donc :

θ=εaρbεsolideϕεeau1\theta = \frac{ \sqrt{\varepsilon_a} - \rho_b \cdot \sqrt{\varepsilon_{solide}} - \phi }{ \sqrt{\varepsilon_{eau}} - 1 }

Pourquoi utiliser une fréquence de 133 MHz pour la mesure d’humidité ? L’utilisation de la haute fréquence (133 MHz) par les sondes Akuasense permet de minimiser l’influence de la salinité et de la texture du sol sur la mesure. À cette fréquence, l’effet des pertes par conduction ionique est réduit, garantissant que la variation de la permittivité diélectrique εa\varepsilon_a est principalement liée à la présence d’eau libre.

Quels sont les avantages du modèle CRIM pour les sols sableux ? Le modèle CRIM (Complex Refractive Index Model) est particulièrement performant dans les sols à texture grossière car il traite le sol comme un mélange multiphasique simple. Dans le sable, l’absence de charges électriques de surface (contrairement aux argiles) permet une linéarité quasi parfaite entre l’indice de réfraction mesuré εa\sqrt{\varepsilon_a} et la teneur en eau volumique θ\theta.

Quelle est la différence entre un capteur capacitif et une sonde FDR ? Un capteur capacitif mesure la capacité d’un condensateur dont le sol est le diélectrique. La technique FDR (Frequency Domain Reflectometry), utilisée par Akuasense, est une évolution de la méthode capacitive : elle mesure la réponse en fréquence d’un circuit oscillant influencé par le sol. C’est une méthode plus stable et précise pour le suivi agronomique en temps réel.

FAUCHARD C., GUILBERT V., SAGNARD F., FROUMENTIN M.,
Mesures de teneurs en eau volumique et massique sur du sable, BLPC — n°274 — janvier/février/mars 2009